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Encyclopédie Celtique

La révolte de Julius Sacrovir et de Julius Florus [21]

21 ap. J.-C. - La révolte de Julius Sacrovir et de Julius Florus

Sous Tibère, Sacrovir, chef des éduens et ancien soldat de l'armée du Rhin (Tac. II, 52; III, 40-47, 73-74; IV, 23), profite de l'impopularité des taxes imposées par Rome pour organiser une révolte générale des Gaulois. A l'inverse des précédentes révoltes, les Gaulois choisirent de multiplier les foyers d'insurrection. C'est dans ce cadre que doivent être entendu les contacts entretenus par Julius Sacrovir et Julius Florus, chef de l'insurrection des Trévires (Tac. III, 40).

Tacite, Annales, III, 40: "Cette même année les cités gauloises, fatiguées de l'énormité des dettes, essayèrent une rébellion, dont les plus ardents promoteurs furent, parmi les Trévires, Julius Florus, chez les Éduens, Julius Sacrovir, tous deux d'une naissance distinguée, et issus d'aïeux à qui leurs belles actions avaient valu le droit de cité romaine, alors que, moins prodigué, il était encore le prix de la vertu. Dans de secrètes conférences, où ils réunissent les plus audacieux de leurs compatriotes, et ceux à qui l'indigence ou la crainte des supplices faisait du crime un besoin, ils conviennent que Florus soulèvera les Belges, et Sacrovir les cités les plus voisines de la sienne. Ils vont donc dans les assemblées, dans les réunions, et se répandent en discours séditieux sur la durée éternelle des impôts, le poids accablant de l'usure, l'orgueil et la cruauté des gouverneurs; ajoutant "que la discorde est dans nos légions depuis la mort de Germanicus; que l'occasion est belle pour ressaisir la liberté, si les Gaulois considèrent l'état florissant de la Gaule, le dénuement de l'Italie, la population énervée de Rome, et ces armées où il n'y a de fort que ce qui est étranger."

Le démarchage entrepris auprès des autres peuples gaulois réussit, et, rapidement, les Andécaves et les Turons rejoignent le mouvement insurrectionnel.

Tacite, Annales, III, 41: "Il y eut peu de cantons où ne fussent semés les germes de cette révolte. Les Andécaves et les Turons éclatèrent les premiers. Le lieutenant Acilius Aviola fit marcher une cohorte qui tenait garnison à Lyon, et réduisit les Andécaves. Les Turons furent défaits par un corps de légionnaires que le même Aviola reçut de Visellius Varro, gouverneur de la basse Germanie, et auquel se joignirent des nobles Gaulois, qui cachaient ainsi leur défection pour se déclarer dans un moment plus favorable. On vit même Sacrovir se battre pour les Romains, la tête découverte, afin, disait-il, de montrer son courage; mais les prisonniers assuraient qu'il avait voulu se mettre à l'abri des traits en se faisant reconnaître. Tibère, consulté, méprisa cet avis, et son irrésolution nourrit l'incendie."

La révolte de Julius Florus tourna court. Après le massacre des romains du territoire trévire, les insurgés gagnèrent les Ardennes où ils furent pris au piège et vaincus par Julius Indius, un compatriote de Florus. Ce dernier se donna la mort.

Tacite, Annales, III, 42: "Cependant Florus, poursuivant ses desseins, tente la fidélité d'une aile de cavalerie levée à Trèves et disciplinée à notre manière, et l'engage à commencer la guerre par le massacre des Romains établis dans le pays. Quelques hommes cédèrent à la corruption; le plus grand nombre resta dans le devoir. Mais la foule des débiteurs et des clients de Florus prit les armes; et ils cherchaient à gagner la forêt d'Ardenne, lorsque des légions des deux armées de Visellius et de C. Silius, arrivant par des chemins opposés, leur fermèrent le passage. Détaché avec une troupe d'élite, Julius Indus, compatriote de Florus, et que sa haine pour ce chef animait à nous bien servir, dissipa cette multitude qui ne ressemblait pas encore à une armée. Florus, à la faveur de retraites inconnues, échappa quelque temps aux vainqueurs. Enfin, à la vue des soldats qui assiégeaient son asile, il se tua de sa propre main. Ainsi finit la révolte des Trévires."

Sacrovir quant à lui resta sur le territoire éduen, s'empara de leur métropole, Augustodunum avec des armes forgées en secret. Profitant de la désorganisation des rangs romains, il réussi à faire armer 40000 hommes et à renforcer ses effectifs par le recrutement des esclaves et l'arrivée de nombreux gaulois des territoires voisins.

Tacite, Annales, III, 43: "Celle des Éduens fut plus difficile à réprimer, parce que cette nation était plus puissante, et nos forces plus éloignées. Sacrovir, avec des cohortes régulières s'était emparé d'Augustodunum, leur capitale, où les enfants de la noblesse gauloise étudiaient les arts libéraux: c'étaient des otages qui attacheraient à sa fortune leurs familles et leurs proches. Il distribua aux habitants des armes fabriquées en secret. Bientôt il fut à la tête de quarante mille hommes, dont le cinquième était armé comme nos légionnaires: le reste avait des épieux, des coutelas et d'autres instruments de chasse. Il y joignit les esclaves destinés au métier de gladiateur, et que dans ce pays on nomme cruppellaires. Une armure de fer les couvre tout entiers, et les rend impénétrables aux coups, si elle les gêne pour frapper eux-mêmes. Ces forces étaient accrues par le concours des autres Gaulois, qui, sans attendre que leurs cités se déclarassent, venaient offrir leurs personnes, et par la mésintelligence de nos deux généraux, qui se disputaient la conduite de cette guerre. Varron, vieux et affaibli, la céda enfin à Silius, qui était dans la vigueur de l'âge.

Tacite, Annales, III, 44: "Cependant à Rome ce n'étaient pas seulement les Trévires et les Éduens qu'on disait soulevés: à en croire les exagérations de la renommée, les soixante-quatre cités de la Gaule étaient en pleine révolte; elles avaient entraîné les Germains, et l'Espagne chancelait. Les gens de bien gémissaient pour la république. Beaucoup de mécontents, en haine d'un régime dont ils désiraient la fin, se réjouissaient de leurs propres périls. Ils s'indignaient que Tibère consumât son temps à lire des accusations, quand le monde était en feu: "Citerait-il Sacrovir devant le sénat comme criminel de lèse-majesté. Il s'était enfin trouvé des hommes qui allaient arrêter par les armes le cours de ses messages sanglants. Mieux valait la guerre qu'une paix misérable." Tibère, affectant plus de sécurité que jamais, passa ces jours d'alarmes dans ses occupations ordinaires, sans quitter sa retraite, sans changer de visage. Était-ce fermeté d'âme? ou savait-il combien la voix publique grossissait le danger?"

Lorsque Silius pris en charge la répression des peuples soulevés, la contre-offensive romaine fut très rapide. Le territoire des Séquanes, alliés des éduens fut anéantit, et bientôt les deux armées se rencontrèrent sur le territoire des Eduens.

Tacite, Annales, III, 45: "Pendant ce temps Silius s'avançait avec deux légions précédées d'un corps d'auxiliaires, et ravageait les dernières bourgades des Séquanes, qui, voisines et alliées des Éduens, avaient pris les armes avec eux. Bientôt il marche à grandes journées sur Augustodunum: les porte-enseigne disputaient de vitesse; le soldat impatient ne voulait ni du repos accoutumé, ni des longues haltes de la nuit: "qu'il vît seulement l'ennemi, qu'il en fût aperçu, c'était assez pour vaincre." À douze milles d'Augustodunum, on découvrit dans une plaine les troupes de Sacrovir. Il avait mis en première ligne ses hommes bardés de fer, ses cohortes sur les flancs, et par derrière des bandes à moitié armées. Lui-même, entouré des principaux chefs, parcourait les rangs sur un cheval superbe, rappelant les anciennes gloires des Gaulois, les coups terribles qu'ils avaient portés aux Romains, combien la liberté serait belle après la victoire, mais combien, deux fois subjugués, leur servitude serait plus accablante."

Turons, Trévires, Séquanes et Eduens sont écrasés à Augustodunum, leurs chefs, notamment Sacrovir se suicident pour éviter d'être livrés.

Tacite, Annales, III, 46: "Il parla peu de temps et fut écouté avec peu d'enthousiasme: nos légions s'avançaient en bataille, et cette multitude sans discipline et sans expérience de la guerre ne pouvait plus rien voir ni rien entendre. De son côté Silius, à qui l'assurance du succès permettait de supprimer les exhortations, s'écriait cependant "qu'un ennemi comme les Gaulois devait faire honte aux conquérants de la Germanie. Une cohorte vient d'écraser le Turon rebelle; une aile de cavalerie a réduit les Trévires, et quelques escadrons de notre armée ont battu les Séquanes: plus riches et plus adonnés aux plaisirs, les Éduens sont encore moins redoutables. Vous êtes vainqueurs; songez à poursuivre." L'armée répond par un cri de guerre. La cavalerie investit les flancs de l'ennemi, l'infanterie attaque le front. I1 n'y eut point de résistance sur les ailes; mais les hommes de fer, dont l'armure était à l'épreuve de l'épée et du javelot, tinrent quelques instants. Alors le soldat, saisissant la hache et la cognée comme s'il voulait faire brèche à une muraille, fend l'armure et le corps qu'elle enveloppe; d'autres, avec des leviers ou des fourches, renversent ces masses inertes, qui restaient gisantes comme des cadavres, sans faire aucun effort pour se relever. Sacrovir se retira d'abord à Augustodunum; ensuite, craignant d'être livré, il se rendit, avec les plus fidèles de ses amis, à une maison de campagne voisine. Là il se tua de sa propre main: les autres s'ôtèrent mutuellement la vie; et la maison, à laquelle ils avaient mis le feu, leur servit à tous de bûcher."

Il est important de voir que cette insurrection eut lieu en 21 après J.-C., soit près de 75 ans après la conquête menée par César. Les motifs économiques furent bien entendu déterminants dans la genèse de ce soulèvement, mais il semble que les motifs identitaires ne doivent pas être exclus pour autant, tant il est question de liberté, comme le suggère ce passage :

Tacite, Annales, III, 40: "que la discorde est dans nos légions depuis la mort de Germanicus; que l'occasion est belle pour ressaisir la liberté, si les Gaulois considèrent l'état florissant de la Gaule, le dénuement de l'Italie, la population énervée de Rome, et ces armées où il n'y a de fort que ce qui est étranger."

Le souvenir de la liberté pourrait avoir contribué à lancer une révolte au sein même de la bourgeoisie urbaine d'Autun, pourtant très romanisée.


Sources:
  • Julien Quiret pour l'Arbre Celtique

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