Feinius Farsaidh .i. fodhailtech, ar is é rofodhail in sgol fó ilchinelaibh in domain d'foghlaim na n-ilbérla, ar is inann fariseus & farsaid .i. focul gregda, diuisió a etarcert laidni.
Fenius Farsaid, i.e. the divider, for 'tis he that divided the school throughout the many kindreds of the world, to learn the many languages. For fariseus and farsaid are the same. It is a Greek word, divisio is its interpretation in Latin.
Feinius Farsaidh, c’est-à-dire fodhailtech (« le diviseur »), car c’est lui qui divisa l’école en de nombreuses branches à travers le monde afin d’enseigner les différentes langues, car Phariseus et Farsaidh sont identiques, c’est un mot grec, dont diuisió est l’équivalent en latin.
🧾fodailt "diviser, distribuer" / dil.ie (consulté le 15/04/2026). 🧾forsaid "établi" / dil.ie (consulté le 15/04/2026). ⚠️ forsaid/farsaid, qui signifie en fait “établi”, est ici interprété dans la glose à travers un rapprochement avec Phariseus, puis mis en équivalence avec le latin diuisio, dans un jeu de correspondances savantes entre langues prestigieuses. Ce réseau d’équivalences sert ensuite de base à une interprétation en termes de division, exprimée dans la glose par fodhailtech. Il ne s’agit pas d’une dérivation historique, mais d’une construction étymologique interprétative fondée sur l’analogie et la traduction entre langues.
222
Fíanna Fíanna a uenatione .i. on t-seilg dognidís isberthi fianna fríu. Nó fianna .i. finedha, ar is ina finib & ina n-aicmibh no bidís síat. Nó fianna .i. feinnedha rígh Erenn íat.
Fianna, from the venatio, i.e. from the hunting, which they used to practise fianna was said of them. Or fianna i.e. fineda for it is in their fini (families) and in their tribes they used to be. Or fianna, i.e. féinnedha ('champions') of the king of Ireland they were.
Fianna vient de uenatio, c’est-à-dire de la chasse qu’ils pratiquaient, d’où on les appelait “fianna”. Ou bien “fianna”, c’est-à-dire des groupes de parenté (clans), car c’est au sein de leurs familles et de leurs lignées qu’ils vivaient. Ou encore “fianna”, c’est-à-dire qu’ils étaient les guerriers du roi d’Irlande.
🧾fían "fénians" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 📌 Le nom des Fianna vient en réalité de Finn mac Cumhail, et certainement pas du latin uenatio. Cependant, cette étymologie, malgré son manque de sérieux, met le doigt sur un aspect essentiel : les fíanna vivent en dehors de l’économie agricole ordinaire. La chasse y joue un rôle central, à la fois comme moyen de subsistance, comme forme d’entraînement militaire et comme marqueur de statut. 📌 Les Fianna se divisent principalement en deux grandes composantes : Clann Baiscne et Clann Morna. Leurs membres sont le plus souvent désignés par leur tuath d’origine ou par leur filiation ; cela ne signifie pas pour autant qu’ils se regroupent sur une base strictement parentale. En français, le terme de « faction » rend plus précisément cette organisation que celui de « clan ». 📌 Les Fianna sont les guerriers de Finn mac Cumhaill, et non ceux du roi d’Irlande. Ils peuvent combattre à ses côtés, mais aussi, selon les circonstances, s’opposer à lui.
223
Fercheirdne .i. fer cearda ái .i. aircetail, nam ái .i. aircetal dicitur. Nó Ferchertne .i. fírchetal n-ai .i. noís, ar ní beredh [acht] bretha fíra. Nó Feircheirtní .i. fír cert nái .i. duine fircherte nam nái duine dicitur.
Fercheirdne, that is, fer cerda (an artisan), ái i.e. of poetry; for ái means aircetal. Or Ferchertne, that is, fír-chetal ('a true singing) n-ái, that is, of custom, for he delivered only true judgments. Or fer-chert-ní, that is, fír-cert-nái 'a truly just person', for nái means human being.
Fercheirdne, c’est-à-dire fer cerda (un artisan), ái, c’est-à-dire poésie ; car ái signifie aircetal (“chant / récitation poétique”). Ou bien Ferchertne, c’est-à-dire fír-chetal (“chant vrai”) n-ái, c’est-à-dire “de coutume”, car il ne prononçait que des jugements véridiques. Ou encore fer-chert-ní, c’est-à-dire fír-cert-nái (“personne correcte”), car nái signifie humain.
Fir Bholg .i. a m-bolgaibh do thairngidís uír fora muin día cur for leacaibh loma & for cairrgibh cloch i tíribh Grec, co m-bidís ina muighibh fó sgothaibh . Conid óna bolgaibh sin roraídhit Fir Bholg díbh.
Fir Bolg, that is, from the bags in which they dragged mould on their backs to cast it on bare flags and on crags of stones in the lands of the Greeks, so that they might be as flowerful plains. So that from those bags they were called Fir Bolg, 'men of bags.'
Fir Bholg : c’est-à-dire des hommes qui tiraient de la terre grecque de la poussière dans des sacs (bolgaibh) et la transportaient sur leur dos pour la déposer sur des plaines nues et des terrains rocheux, de sorte qu’ils vivaient ensuite en plein air sous des tentes. C’est de ces sacs (bolgaibh) qu’ils tirent leur nom de Fir Bholg.
📌 fér /fír : voir entrée 223. 🧾bolg "sac, sachet" / dil.ie (consulté le 16/04/2026) (celt. *bolga "sac de cuir"). 🧾Bolg "(peuple mythique)" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). ⚠️ La divergence entre le texte irlandais et la traduction de Stokes porte sur l’interprétation du résultat : le premier décrit un recouvrement de surfaces nues par de la terre, tandis que Stokes transforme cet effet en paysage idéalisé de “plaines fleuries”, non explicitement présent dans l’original.
225
Fir Domnann .i. fir damnánn .i. don damnadh & don dáire tucad orro la Gregu rohainmniged Fir Domnann díbh. Ut dixit poeta:
Doluidh Sémíath sair for sét co tiribh finna fer n-Greg tugsat Greíg cís fergach fair, imurchur uíre a m-bolgaibh. De na bolgaib sin co m-brígh chlainne Semíath maic Sdairn mhín dogairter Fir Bholg co m-bladh, is Fir Domnann ón damnadh.
Fir Domhnann tra .i. fir domhain fonn .i. fir no-dhomhnai[g]dís in talamh .i. ba domain no théighdís isin talamhain ag tabairt uisci aisti dia chur for sleibtibh garba la Gréig.
Fir Domnann, that is, fir damnann, from the binding (damnad) and from the bondage inflicted upon them by the Greeks they were named Fir Domnann, as the poet said:
Sémíath went eastward on his way to the fair lands of the men of the Greeks. The Greeks imposed an angry tribute upon him—carrying of mould in bags. From those strong bags of the children of Semiath, son of gentle Starn, They are called Fir Bolg with fame, and Fir Domnann from the binding.
Fir Domnann, now, that is, fir domain-ḟonn 'men of deep fonns, men who deepened the earth, for it was deep they went into the earth bringing water thereout to' cast upon the rough mountains in Greece.
Fir Domnann, c’est-à-dire fir damnánn, c’est-à-dire qu’ils furent appelés ainsi par les Grecs en raison de la contrainte (damnadh) et de la servitude (dáire) qui leur furent imposées. Ainsi les Fir Domnann tirent leur nom de cela. Comme dit le poète :
Sémíath partit vers l’est sur son chemin vers les terres des hommes des Grecs les Grecs leur imposèrent un tribut cruel et le transport de la terre dans des sacs De ces sacs, avec force, de la descendance de Sémíath fils de Sídarn le doux ils sont appelés avec renom Fir Bholg et Fir Domnann vient de la soumission (damnadh)
Fir Domhnann, donc, c’est-à-dire fir domhain fonn, c’est-à-dire des hommes qui “travaillaient profondément la terre”, c’est-à-dire qu’ils pénétraient profondément dans le sol et allaient dans la terre en en retirant de l’eau pour la porter sur les montagnes escarpées des Grecs.
🧾damnad "condamnation" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾daire "servitude" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 📌 Ce passage s’inscrit directement dans la tradition du Lebor Gabála Érenn (LGE), et même dans son noyau le plus typique : les pseudo-histoires étymologiques des peuples pré-gaéliques d’Irlande. ⚠️ damnad signifie généralement "condamnation", mais désigne ici une forme de contrainte imposée par les Grecs. ⚠️ Sémíath est employé comme éponyme d’un groupe plutôt que comme individu. 🧾domain "profond" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾fonn "sol" / dil.ie (consulté le 16/04/2026).
226
Gaileóin didiu .i. ona gaib rohainmnighthi .i. gái lín ar lín a n-gái rohairimthí. Nó Gaíleoin .i. gail fíann, fían in ghaiscid, ar is síat doghabadh lamh forsin da trian aili. No gáel fíann .i. fiann ghaíl lochta na dáirsi.
Gaileóin, then, from the spears they were named, i.e. gái-lín, by the number (lín) of their spears (gái) they were reckoned. Or Gaileóin, i.e. gail-ḟíann, 'champions' of valour, for it is they that expelled the two other thirds. Or gáel-ḟiann, that is, the champions of the kindred (gáel) of the folk of slavery.
Gaileóin, donc, c’est-à-dire qu’ils sont nommés d’après les gaí (lances), c’est-à-dire “lance contre lance”, selon le lin (nombre total) de leurs lances qui est compté. Ou bien Gaíleoin, c’est-à-dire la vaillance des fianna : la troupe de combat, car ce sont eux qui prenaient le dessus sur les deux autres tiers. Ou encore gáel fiann, c’est-à-dire la fiann (troupe) gail (vaillante) des gens de la servitude.
🧾gae "lance, javelot" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾lin "nombre, total" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾gal "rage, ardeur guerrière" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾fían : voir entrée 222.
227
Maine Aithremail .i. ba cossmail fría athair é .i. fría h-Oilill mac Máda.
Maine AithremailMaine Aithremail 'father-like', that is, he resembled his father, even Ailill son of Máta.
Maine Aithremail, c’est-à-dire qu’il était semblable à son père, à savoir à Ailill fils de Máta.
🧾athair "père" / dil.ie (consulté le 07/02/2026) (celt. *ater- "père"). 🧾cosmail "comme, similaire" / dil.ie (consulté le 13/03/2026). 📌 Dans les deux cas, -mail/-emal est un suffixe à valeur lexicale pleine, exprimant l’idée de “caractérisé par / relevant de / de type …”
228
Maine Maithremhail .i. fria mháthair bá cosmhail .i. fri Meidbh ingin Echach.
Maine Máithremail 'mother-like', that is, he resembled his mother, even Medb daughter of Eochaid.
Maine Maithremhail, c’est-à-dire qu’à sa mère il était semblable, à savoir à Medb, fille d’Eochaid.
Maine Mar Condagaibh Uile .i. cruth a máthar & a athar bái fair, ar bát cosmhail fríu díbh línaibh.
Maine mar condagaib uile, 'as he combines them all', that is, he had the form of his father and of his mother, for he resembled them both.
Maine Mar Condagaibh Uile, c’est-à-dire qu’il avait en lui la forme de sa mère et de son père, car il était semblable à eux tous deux.
📌 Il ne s'agit pas ici d'une analyse morphologique du nom, mais une construction explicative autour du nom. 🧾cruth "forme, aspect" / dil.ie (consulté le 22/02/2026). 📌 cosmail : voir entrée 227.
230
Maine Tái .i. Maine amhlabar .i. nír bhó raítech é sechach chách.
Maine Tái, that is, Maine the Mute, for he was not talkative more than every (other Maine).
Maine Tái, c’est-à-dire Maine le muet, c’est-à-dire qu’il n’était pas bavard, mais réservé envers tous.
🧾tái, tóe "silence" / dil.ie (consulté le 16/04/2026). 🧾amlabar "muet" / dil.ie (consulté le 16/04/2026).
231
Maine Antái .i. Maine nemthái .i. an ar dhiultadh fil ann .i. bá raidhtech é doghrés (?), & iss eissidhe Maine Mó A Eipert .i. mó a rádh-som na rádh cach Maine aili díbh.
Maine Antái, that is, Maine non-mute, the an being a negative, that is, he was talkative always, and he is (also called) Maine mó a eipert 'greater his speech', that is, his talk was more than that of every other Maine.
Maine Antái, c’est-à-dire Maine “non-silencieux” ; c’est-à-dire qu'il refuse de se taire ; c’est-à-dire qu’il était toujours enclin à répliquer ; et c’est pour cela qu’on l’appelait Maine Mó A Epert, c’est-à-dire qu’il était celui qui parlait le plus d’entre tous les Maine.
Maine Mínghar [.i.] mínghaire a mháthar dogníth sé in cach than.
Maine Míngar, that is gentle piety (mín-gaire) towards his mother he used to shew at all times.
Maine Mínghar, c’est-à-dire “celui qui rit avec douceur”, car il faisait rire sa mère en toute occasion.
🧾mín "doux, placide, courtois" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). (celt. *minio- "doux"). 🧾gáire "rire" / dil.ie (consulté le 17/04/2026).
233
Maine Mórghar .i. gaire a athar gu mór dognith.
Maine Mórgar, that is, piety (gaire) towards his father he used to shew greatly (gu-mór).
Maine Mórghar, c’est-à-dire celui qui faisait beaucoup rire son père.
🧾mór "grand" / dil.ie (consulté le 06/02/2026) (celt. *maro- "grand"). 📌 gaire : voir entrée 232. 📌 ici gu est un marqueur adverbial d’intensité, et non un mot autonome sémantiquement chargé.
234
Fomoraigh .i. fómuiride .i. lucht bíde ag sladaighecht & ag crechairecht ar fairrgi .i. loingsig na fairrgi is dóibh is ainm Fomoraig.
Fomoraig, that is, fo-muiride, folk who are robbing and reaving on the sea, to them is the name.
Fomoraigh, c’est-à-dire des “fómuiride”, c’est-à-dire des gens de rapine, de brigandage et de pillage sur la mer, c’est-à-dire des pillards de la mer ; c’est d’eux que vient le nom de Fomoraigh.
🧾fo "sous, en dessous" / dil.ie (consulté le 15/04/2026) (celt. *vo- "sous"). 🧾muir / dil.ie (consulté le 22/02/2026). (celt. *mori- "mer"). 🧾fomuiride "sous la mer, marin" / dil.ie (consulté le 17/04/2026).
235
er Níadh mac DamhainF .i. fer trén, nam níadh tren dicitur. Nó Fer Díadh .i. dé íath .i. a comrag dá ferann rodn-ugad, is aire tugadh Fer Díad fair. Sicut dicitur Fer Dá Chrích.
Fer Níad mac Damáin, that is, a valiant man, for nia means valiant. Or Fer díad, that is, dé-iath 'two-lands', for he was born at the meeting of two lands, therefore (the name) Fer díad was given him. Even so is said Fer dá chrích 'man of two districts'.
Fer Níadh mac Damhain, c’est-à-dire un homme fort, car níadh signifie un guerrier fort. Ou bien Fer Díadh, c’est-à-dire dé-iath “deux territoires”, car il était à la jonction de deux terres qui l’avaient attiré ; c’est pour cela qu’on l’appela Fer Díad. Comme on dit : Fer Dá Chrích.
📌 fer- : voir entrée 223. 🧾nía "guerrier, héros" / dil.ie (consulté le 13/03/2026). 🧾tren "fort" / dil.ie (consulté le 27/03/2026) (celt. *treno- "courageux). 🧾día, dé "dieu" / dil.ie (consulté le 19/03/2026) (celt. *deivo- "dieu"). 🧾íath "terre, territoire" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾dá "deux" / dil.ie (consulté le 12/02/2026). (celt. *duo- "deux"). 🧾crich "terre, territoire" / dil.ie (consulté le 17/04/2026).
236
Fearghus Andot (doit .i. lam) .i. Ferghus gearrlámhach, nam an non dicitur. Andoid .i. nemh-doídech , ar bat gearr a di láimh.
Fergus Andót, that is, Fergus of the Short Hands, for an- means non, and dóit means hand. An-dóit, i.e. non-handed, for his two hands were short.
Fergus Andót, c’est-à-dire Fergus aux bras courts, car an- signifie “non” et dóit “bras supérieur”. An-dóit, c’est-à-dire qui n'a “pas de bras”, car ses deux bras étaient courts.
Lugna Fer Tri n-Ogh .i. tri h-uighi badar aigi. Nó Fer Trí .i. Tri ainm a mhná .i. Trea inghen Taidhg meic Cein.
Lugna Fer trí n-og 'Man of three eggs', that is, he had three testicles. Or Fer Trí 'Trí's husband', for Trí was the name of his wife, i.e. Trea daughter of Tadg, son of Cían.
Lugna Fer Tri n-Ogh, c’est-à-dire “l’homme aux trois oeufs”, car il avait trois testicules. Ou Fer Trí, c’est-à-dire “l’homme de Tri”, car Tri étaitle nom de sa femme, c’est-à-dire Trea, fille de Taidhg mac Cein.
📌 fer- : voir entrée 223. 🧾trí "trois" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾og "oeuf" / dil.ie (consulté le 17/04/2026).
Galanga lang (.i. fell), goa (.i. breg) .i. Cormac mac Taidhg meic Ceín dorinne gó frisna brocaibh .i. gai Táidhg rug Cormac laís chum na m-broc ar co tísdaís asa m-broicthenaigh amach ar enech Taidhg meic Céin, & gaí Taidhg ag Cormac do chomartha friú. Tangadar na bruíc chum Cormaic & domharbh íat. Dochóidh Tadhg iarsin do chaithem na fleidhe baí ag Cormac, & doghraín a aiccnedh ag ól na fleidhe & dofetir a enech do choll [don mac]. Roloingistar Thadhg a mac úadh assin crích amach iarsin, conid é sin fotha innarbtha Chormaicc o Thadhg. Unde Cormac Gaileng & Gaileng nominatur .i. gáe lang .i. cac ar enech. Aliter Galeng, nomen terrae ideo Cormac Gaelang dicitur pro habitatióne eius. Cormac Gaileng tra .i. gái lang .i. gai meabhlach íarrsaní dorinne gái forsna brocaibh gurus marbh íat.
Galenga, from goa 'falsehood' and lang 'treachery'. Cormac, son of Tadg, son of Cían, shewed falsehood to the badgers, to wit, having Tadg's spear he went to the badgers that they might come out of their warren (trusting) to Tadg's honour and his spear as a token thereof. So the badgers came out to Cormac and he killed them. Thereafter Tadg went to partake of the feast that Cormac held, and while banqueting he felt a loathing, and knew that his honour had been spoiled by his son. So then Tadg exiled his son from the province; and that is the cause of Cormac's banishment by Tadg. Hence Cormac Gaileng and Gaileng are so named, to wit, gae lang 'dung on honour.'. Aliter: Gaileng is the name of a territory, so Cormac Gaelang is so called on account of his habitation. Cormac Gaileng, then, i.e. gai lang, i. e. a treacherous spear, because he shewed falsehood to the badgers and (thus) killed them.
Galanga lang “trahison” (c’est-à-dire fell “trahison”), goa “fausseté” (c’est-à-dire breg “fausseté”) : Cormac mac Taidhg meic Céin fit usage de tromperie envers les blaireaux, Cormac, fils de Tadg, fils de Cían, Cormac fit usage de tromperie envers les blaireaux, avec l’idée qu’ayant la lance de Tadg, ils sortiraient de leur terrier, compte tenu de l’honneur de Tadg et prenant sa lance pour gage de sécurité. Alors les blaireaux sortirent vers Cormac et il les tua. Par la suite, Tadg alla prendre part au festin que tenait Cormac, et pendant le repas il ressentit un dégoût, réalisant que son honneur avait été compromis par son fils. Tadhg fit ensuite partir son fils hors du territoire, et c’est la raison de l’exil de Cormac par Tadg. C’est pourquoi Cormac Gaileng et Gaileng sont ainsi nommés, c’est-à-dire gae lang “trahison de la lance”, c'est-à-dire cac ar enech “fumier sur l'honneur”. Autrement dit : Gaileng est le nom d’un territoire, et Cormac Gaelang est ainsi nommé en raison de sa résidence. Cormac Gaileng, c’est-à-dire gái lang “trahison de la lance”, c’est-à-dire gai meabhlach “lance perfide ”, parce qu’il usa de tromperie envers les blaireaux et les tua ainsi.
🧾lang "trahison" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾fell "tromperie, trahison" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾gú- "faux, mensonge" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾bréc "fausseté, mensonge" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾brocc "blaireau" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾gae "lance, javelot" / dil.ie (consulté le 20/03/2026). 🧾cacc "bouse, excréments" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾enech "face, visage" / dil.ie (consulté le 06/02/2026). 🧾meblach "honteux, trompeur" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 📌 La version éditée du texte comporte des parenthèses introduites par l’éditeur. Elles sont anachroniques au regard de la mise en page manuscrite et servent à isoler les équivalences internes afin de faciliter la lecture d’une chaîne de gloses continue. Nous avons conservé cette segmentation éditoriale dans la traduction, la structure en chaîne étant difficilement lisible tant dans le texte source que dans notre traduction.
240
Caínti .i. óní is cainis cú, ar cend con for caínti ag amhustraigh. Unde Crithenbhél Cainti. Crithinbél [.i. crithirbél] .i. bél na chrither .i. ara neimhnighe & ara theintemhlacht na m-bríathar úadh, ar is nemhnech bríathra in dána iter. Nó Cridenbél .i. a cridhe ina bhél .i. a rún in a bhélu, ar ní gheibed som iter for rún día cluinedh. Nó Critherbhél .i. bél na crithir, ar is é cétchaínti dobhaídh ríghchainnell ó tengaid artús é.
Cáinte 'lampooner', from canis 'hound', for a dog's head is on a lampooner when objurgating. Hence Crithenbél cáinte. Crithenbél, that is, critherbél i.e. bél 'mouth' of the sparks (crithir), from the virulence and the fieriness of the words from him, for the words of the poem are virulent. Or Cridenbél that is, his heart (cride) in his mouth (bél), i.e. his secret in his lips, for he would not withhold a secret if he heard it. Or Critherbél, that is, mouth (bél) of the sparks (crithir), for he is the first lampooner that put out a royal torch by his tongue.
Cáinte, « satiriste », du mot canis « chien », car la tête d’un chien est sur le satiriste lorsqu’il invective. D’où Crithenbél cáinte. Crithinbél, c’est-à-dire crithirbél, c’est-à-dire bél « bouche » des crithir « lueurs », en raison de la violence et de l’emportement de ses paroles, car les paroles de l’art poétique sont véhémentes. Ou bien Cridenbél, c’est-à-dire son cride « cœur » dans sa bél « bouche », c’est-à-dire son secret dans ses paroles, car il ne garde pas un secret lorsqu’il l’entend. Ou bien Critherbél, c’est-à-dire bél « bouche » des crithir « étincelles », car il est le premier satiriste qui, avec sa langue, a éteint une torche royale.
🧾cáinte "satiriste" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾bél "lévre, bouche" / dil.ie (consulté le 15/03/2026). 🧾crithir "étincelle, lueur, flash" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 🧾cride "coeur" / dil.ie (consulté le 17/04/2026). 📌 « La tête d’un chien est sur le satiriste » signifie que le satiriste est figuré comme prenant une apparence canine lorsqu’il invective, en raison de la violence de sa satire.
Traduction française par nos soins d'après la version bilingue de W. Stokes (1891).
Sources: • X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2019) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (I. Ab- / Ixs(o)-), Les Cent Chemins, 398p.
• X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• F. Le Roux - Ch.-J. Guyonvarc'h, (1986) - Les Druides, Ouest-France, 448p.
• W. Stokes, (1895) - "Coir Anmann (The Fitness of Names)"; Revue Celtique, n° 16, pp. 461–
• W. Stokes, (1897) "Cóir Anmann (texte irlandais)". Irische Texte mit Wörterbuch, Dritte Serie, Heft 2. Leipzig, Verlag von S. Hirzel, pp. 288–411.497
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique