Demioncus — Anthroponyme masculin, mentionné sur plusieurs inscriptions gallo-romaines provenant des provinces de Gaule aquitaine, Gaule belgique et Gaule lyonnaise. L'étymologie est mal assurée, compte-tenu des incertitudes concernant le sens à attribuer àdeminco- / demionco-(Delamarre, 2019, p.282). On ne peut toutefois exclure une segmentation en de-mincio-, avec un second élément mincio- / minco-, largement attesté mais dont le sens demeure lui-même obscur (Delamarre, 2023, p. 103). Les variantes féminines Deminca et Demionca, ainsi que les variantes masculines Demiuncus et Demuncius, sont également attestées. Enfin, il existe à Alzey (Rhénanie-Palatinat, Allemagne) une inscription votive dédiée à dieu Apollon Demioncus.
À Chilleurs-aux-Bois (Loiret), une inscription très lacunaire permet de relever la forme Demionci, susceptible de correspondre au génitif de Demioncus. Compte tenu de l’état du document et des circonstances de sa découverte, il n’est pas possible de déterminer avec certitude si Demioncus désignait une divinité ou s’il s’agissait d’un nom de personne, éventuellement celui du père du dédicant. La présence de donavi(t) peut indiquer un don ou une offrande, sans qu’il soit possible d’en déterminer la destination ou le caractère cultuel (CAG-45, p 194).
Un dénommé Vettius Demioncus est connu à Trêves (Rhénanie-Palatinat, Allemagne), pour avoir dédié un pilier votif au dieu Vorio, dans l'une des chapelles du sanctuaire de l'Altbachtal. D'après cette inscription, ce citoyen romain était le fils d'un pérégrin dénommé [.]raddarus(1). Cette inscription remonte vraisemblablement à la première moitié du IIᵉ siècle apr. J.‑C. (Nesselhauf, 13, p.55 ; AE 1941, 170).
"Consacré au dieu Vorio, en conséquence d'un vœu souscrit. Vettius Demioncus, fils de [.]raddarus, s'est acquitté de son vœu, de bon gré, comme il se doit."
Sur instrumentum
• Marques de potiers
Un dénommé Demioncus a officié à l'atelier de poterie de La Graufesenque (Millau, Aveyron), comme l'atteste la découverte de nombreuses estampilles de potier à son nom, sur des céramiques gallo-romaines de formes diverses. D'après le recensement de M. Génin (2007), 28 exemplaires de cette estampille proviennent de ce seul site. Les œuvres de ce potier furent diffusées dans la province de Gaule aquitaine, comme en témoigne la découverte de cette même estampille de potier sur des céramiques mises à jour à Auch (Gers) (CAG 32, p. 95), à Limoges (Haute-Vienne) (CAG 87, p. 128) et à Niort (Deux-Sèvres). M. Génin propose d'y voir un potier ayant été actif entre 15 et 40 / 50 ap. J.‑C. (Génin, 2007). La synthèse publiée par B. R. Hartley & B. M. Dickinson propose quant à elle une datation voisine, comprise entre 20 et 45 ap. J.‑C. (Hartley & Dickinson, 2008)
🔖️ Attestation(s) : DEMIONC(VS) : Auch (Gers), La Graufesenque (Millau) (Puy-de-Dôme), Niort (Deux-Sèvres) ; DEMIONCVS : Limoges (Haute-Vienne).
Notes: (1)[.]raddarus — nom du père de Vettius Demioncus. La lecture des premières lettres est incertaine. Le nom peut être rapproché du thème celtique *vradd- / *vradsa-, associé à la pluie, ce qui rend envisageable une relation avec Vraddarus. si le V-initial a réellement disparu ou est graphiquement difficile à distinguer, [V]raddarus expliquerait beaucoup mieux la forme que Raddarus isolément.
Sources: • M. Clauss, H. Slaby, Epigraphik-Datenbank Clauss/Slaby (EDCS), en ligne : https://edcs.hist.uzh.ch/
• X. Delamarre, (2007) - Noms de personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Errance, Paris, 240p.
• X. Delamarre, (2019) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (I. Ab- / Ixs(o)-), Les Cent Chemins, 398p.
• X. Delamarre, (2023) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (II. Lab- / Xantus), Les Cent Chemins, 570p.
• M. Génin, (2007) - La Graufensenque (Millau, Aveyron) - Volume II, Sigillées lisses et autres productions, Études d'archéologie urbaine, Éditions de la Fédération Aquitania, Pessac, 589p.
• B. R. Hartley & B. M. Dickinson, (2008) - Names on Terra sigillata : An Index of Makers' Stamps and Signatures on Gallo-Roman Terra Sigillata (samian ware). Volume 3, CERTIANUS to EXSOBANO, Bulletin of the Institute of Classical Studies Supplements, Londres, 417p.
• J. Lapart , C. Petit, (1993), Carte archéologique de la Gaule - 32 — Le Gers, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 354p.
• H. Nesselhauf, (1937) - "Neue Inschriften aus dem römischen Germanien und den angrenzenden Gebieten", icht der Römisch-Germanischen Kommission 1937, p. 51–134.
• J. Perrier, (1993), Carte archéologique de la Gaule - 87 — La Haute-Vienne, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 340p.
• M. Provost, (1988), Carte archéologique de la Gaule - 45 — Le Loiret, Paris, Académie des inscriptions et belles-lettres, 245p.
• Presses universitaires de France. (1888-). L’Année épigraphique, Paris, Presses universitaires de France.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique
• Pierre Crombet pour l'Arbre Celtique