Les Electrides ou l’île Electris sont des îles ou des rochers mentionnés par différents auteurs grecs sous la Ἠλεκτρὶς (singulier) ou Ἠλεκτρίδες (pluriel). Les témoignages montrent qu’elles furent localisées de manière successive ou concurrente sur la côte liburnienne, à l’embouchure de l’Eridanos, puis du côté de l’île de Bretagne et dans la mer Germanique. Elles constituent de ce fait un cas assez remarquable d’objet géographique à la localisation flottante. Ces contradictions trouvent tout leur sens si on tient compte du fait que ces différents récits appartiennent à une géographie mythique, et n’ont souvent en commun que d’associer les Electrides à un matériau fort prisé dans l’antiquité, l’ambre.
Les îles de l’ambre
L’étymologie des Electrides n’a jamais posé de souci particulier, même si quelques sources antiques ont envisagé des interprétations alternatives. L’étymologie la plus convaincante, défendue notamment par Pline l’Ancien, indique que ce territoire tire son nom du sucinum, "succin / ambre", que l’on y extrait, matière que les Grecs appellent ἤλεκτρον / electrum (Histoire naturelle, III, 152 ; IV, 103). Cette interprétation fait toujours référence de nos jours et est d’ailleurs toujours reprise par les éditions les plus récentes du Liddell–Scott–Jones Greek-English Lexicon. On peut donc traduire sans difficulté Ἠλεκτρίδες νῆσοι par "îles de l'ambre / îles ambrifères". Pline l’Ancien connaît en outre une étymologie plus savante ou mythographique reliant electrum à ἠλέκτωρ, "le brillant", épithète du Soleil (Histoire naturelle, XXXVII, 31) : l'ambre serait ainsi lié étymologiquement à l'éclat solaire, ce qui s'accorde admirablement avec le mythe de Phaéton. C’est d’ailleurs cette même racine qui est à l’origine du nom de l’electrum, l’alliage naturel ou artificiel d’or et d’argent.
Des localisations contradictoires
A partir du milieu du IVᵉ s. av. J.‑C., date de la plus ancienne mention des Electrides, différentes couches de traditions se sont succédées, aboutissant à localisations contradictoires :
● Des îles de Liburnie
Au IVᵉ s. av. J.‑C., le Pseudo-Scylax notait la présence d’îles dénommées Ἴστρις / Istris, Ἠλεκτρίδες / Electrides et Μεντορίδες / Mentorides, lesquelles seraient les principales îles de la côte des Λιβύρνιοι / Liburniens (Périple, XXI). Ce passage permet d’identifier les îles de l’archipel du Kvarner (Croatie), et plus particulièrement celles du nord. Une correspondance assez évidente peut être faite avec le témoignage de Théopompe, qui distinguait quant à lui trois groupes d’îles ; les Ἀψυρτίδες / Apsyrtides, les Ἠλεκτρίδες / Electrides et les Λιβυρνίδες / Liburnides (apudPseudo-Scymnos, Circuit de la Terre, v.369-374). L’énumération successivement dans cette région les Ἀψυρτίδες / Apsyrtides, Κυρικτικὴ / Cyrictica et les Λιβυρνίδες / Liburnides (Géographie, II, 5, 20 ; VII, 5, 5). Les Apsyrtides correspondent aux actuelles Absyrtides (îles de Cres et Lošinj, comitat de Primorje-Gorski Kotar, Croatie) et les Liburnides, aux archipels de Zadar et des Kornati (comitat de Zadar, Croatie). Si ces deux énumérations coïncident, il convient dont reconnaître dans les Electrides de Théopompe, l’île de Cyrictica de Strabon, laquelle est communément identifiée à l’actuelle île de Krk (comitat de Primorje-Gorski Kotar, Croatie), sans certitude. Cette tradition était encore bien connue au Iᵉʳ s. av. J.‑C. puisque les Electrides furent encore mentionnées dans ce secteur par Pomponius Mela (Description de la Terre, II, 100) et Pline l’Ancien (Histoire naturelle, III, 152).
● Des îles ou une île située à l’embouchure de l’Eridanos
Une autre tradition du IIIᵉ s. av. J.‑C. dont une trouve la plus ancienne trace dans l’œuvre d’Apollonios de Rhodes explique possiblement le déplacement des Electrides dans certains récits plus tardifs. Selon lui, après le meurtre d’Absyrte (dont les îles Apsyrtides perpétuent le nom) et le massacre d’une partie des Colchidiens, les Argonautes reprirent immédiatement la mer. Ils ramèrent sans relâche jusqu’à atteindre l’île sacrée d’Ἠλεκτρὶς / Electris, la plus haute de toutes, près du fleuve Ἠριδανός / Eridanos (Argonautiques, IV, 503-506). Les poursuivants colchidiens voulurent continuer la chasse, mais Héra les arrêta par ses éclairs. Après avoir quitté cette région et longé les îles liburniennes puis Corcyre, Mélité, Cérossos et Nymphée, les Argonautes furent pris dans une tempête envoyée par Héra et ramenés vers l’île rocheuse d’Electris. C’est alors que la poutre parlante de l’Argo, faite du chêne de Dodone, leur révéla la colère de Zeus : il le ne leur serait pas permis de rentrer chez eux tant que Jason et Médée sans avoir été purifiés par Circé du meurtre d’Absyrte (Argonautiques, IV, 557-591). Ainsi, dans cette géographie mythique, l’île d’Electris ne semble que guère différente des Electrides de Liburnie, notamment par leur caractère rocheux. Le seul élément qui les distingue est que l’île d’Electris est décrite comme voisine de l’Eridanos, que l’on reconnaît aisément comme étant l’actuel Pô. À partir de là, Apollonios de Rhodes fournit une véritable explication mythique de la présence et du transport de l’ambre par le fleuve. Selon lui, les Argonautes s’engagèrent dans l’Eridanos, au lieu même où Phaéton, frappé par la foudre, est tombé à demi consumé du char d’Hélios dans un lac. Selon Apollonios de Rhodes, le lieu conservait physiquement la catastrophe : le lac exhalait encore des vapeurs brûlantes et les oiseaux qui tentent de le survoler tombaient dans ses eaux. Autour du lac, les Héliades, filles d’Hélios et sœurs de Phaéton, étaient enfermées dans de grands peupliers et pleuraient continuellement leur frère. Leurs larmes devenaient des gouttes brillantes d’ἤλεκτρον / "ambre", avant de sécher au soleil sur le sable, et d’être entraînées par les eaux de l’Eridanos (Argonautiques, IV, 592-626).
Le Pseudo-Aristote offre quant à lui une version beaucoup plus naturaliste. Selon lui, près du fleuve Eridanos se trouvait un lac où les habitants racontaient que Phaéton était tombé après avoir été foudroyé, mais il ne mentionne ni des Héliades ni leurs larmes. Il indique simplement que de nombreux peupliers poussaient aux abords du lac et qu'il en suintait une substance appelée ἤλεκτρον, semblable à une gomme, qui durcissait comme une pierre et que les habitants la recueillaient ensuite pour la vendre aux Grecs. Selon ce même récit, les Electrides seraient des îles formées par les alluvions près des bouches de l’Eridanos (Histoires merveilleuses, 81). Notons également que ce même passage a été par la suite repris par Étienne de Byzance (Ethniques, 299). (1)
Strabon et Pline font également mention de cet ensemble traditionnel, mais uniquement pour le réfuter. Strabon range l’ensemble parmi les récits mythiques et mensongers l’histoire de Phaéton, les Héliades transformées en peupliers, mais aussi l’existence de l’Eridanos ainsi que des Electrides. Il n’y voit qu’une géographie fabuleuse artificiellement plaquée sur le Pô (Géographie, V, 1, 9). La réfutation de Pline, lui-même originaire du nord de l’Italie, est plus intéressante. Le naturaliste avait en effet compris que ces mythes se substituaient à une réalité commerciale ; l’une des branches de la route de l’ambre (Histoire naturelle, XXXVII, 31-46).
● Des rochers de Bretagne
Une tradition fort originale remontant au IVᵉ-IIIᵉ s. av. J.‑C., conservée par Sotacos, consiste à voir dans les Electrides des rochers (falaises ?) de l’île de Bretagne, depuis lesquels l’ambre s’écoulait (Sur les pierresapud. Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXVII, 35). Il semble évident ici qu’il y ait une confusion avec les Cassiterides, îles mythiques d’où était censé provenir l’étain.
● Des îles de la mer Germanique
Évoquant la Germanicum mare, "mer Germanique", Pline l’Ancien mentionne des îles appelées Glaesiae que les Grecs auraient rebaptisées Electrides, parce que le succin / ambre y était produit (Histoire naturelle, IV, 103). On notera toutefois dans un autre passage, ses mêmes îles sont dénommées Glaesaria "par nos soldats à cause du succin", et précise que les autochtones de la région la dénommaient Austerauia (Histoire naturelle, IV, 97 ; XXXVII, 42). Il s’agît ici d’une tradition tardive, et d’une transposition septentrionale de ce nom, postérieure à l’identification des centres d’exploitation de l’ambre de la Baltique. Aussi, il est probablement vain de chercher à localiser précisément ces îles, que Pline l’Ancien qualifie de "dispersées" dans la mer Germanique. L’étymologie proposée par le naturaliste laisse entendre qu’Electrides aurait pu désigner n’importe quelle île riche en ambre de la Baltique, sinon même l’ensemble de ces îles. Parmi celles-ci figurent sans doute également Abalus, Abalcia, Baltia / Balcia, Baunonia et Basileia, que les sources - toutes contradictoires - amènent parfois à confondre et d’autres fois à distinguer.
Une géographie commerciale mythifiée
Le caractère le plus frappant des Electrides est leur localisation instable. Leur nom même, Ἠλεκτρίδες, les "îles de l’ambre", révèle leur fonction essentielle dans l’imaginaire géographique grec : ce sont les îles où l’ambre est censé se trouver, voire se former. A. Mastrocinque (1991) souligne ainsi que leur localisation oscille entre le delta padan et la Dalmatie septentrionale et considère qu’elles furent probablement, à l’origine, une sorte d’"Eldorado" occidental, progressivement localisé avec davantage de précision à mesure que progressaient les connaissances géographiques grecques.
Cette mobilité paraît étroitement liée à la route de l’ambre. M. P. Castiglioni (2018) et G. Garatti (2021) observent notamment que la tradition plaçant les Electrides sur la côte adriatique orientale correspond à une région où parvenait effectivement, par les vallées de la Save et de la Drave, de l’ambre provenant du Nord européen. Il relie ainsi explicitement certaines localisations des Electrides aux axes par lesquels l’ambre baltique atteignait le haut Adriatique durant l’âge du Fer. A. Mastrocinque (1991) formule plus généralement le même mécanisme : les mythes grecs sur l’origine de l’ambre cherchaient à expliquer à la fois la nature de cette substance et les régions d’où elle provenait ; la manière dont les Grecs entraient en contact avec l’ambre aurait donc en partie conditionné la formation de ces traditions géographiques.
Les Electrides pourraient ainsi désigner moins un archipel précisément identifié qu’un horizon commercial de l’ambre. Les lieux où les navigateurs ou marchands méditerranéens obtenaient cette matière pouvaient être interprétés comme les lieux mêmes où elle était produite. Cela expliquerait qu’un même nom ait pu être appliqué à différentes îles du haut-Adriatique et, plus tard, être repoussé beaucoup plus au nord. On peut donc parler avec prudence de géographie commerciale mythifiée, puisque la position de ces îles semble varier avec la représentation que les Méditerranéens se faisaient de la provenance de l’ambre. Elles ne constitueraient pas nécessairement le souvenir déformé d’un archipel unique, mais plutôt un toponyme fonctionnel, attaché aux régions considérées successivement comme les lieux d’origine ou d’arrivée de l’ambre. Cette interprétation rejoint notamment les analyses d’A. Grilli (1973 ; 1975) sur les rapports entre l’Eridanos, les Electrides et route de l’ambre, celles d’A. Mastrocinque (1991) sur la formation des traditions relatives aux "îles de l’ambre", et celles plus récentes de M. P. Castiglioni (2018) et de G. Garatti (2021) sur le rôle des réseaux commerciaux dans la construction de cette géographie mythique.
Notes
(1) Dans ce passage, le Pseudo-Aristote (puis Étienne de Byzance) fournit une autre légende inédite : deux statues auraient été édifiées par Dédale sur les Electrides, alors qu’il fuyait Minos. La première le représentait, tandis que la seconde représentait son fils Icare. Lorsque les Pélasges fuyant Argos y débarquèrent à leur tour, Dédale gagna l’île d’Icare.
Sources littéraires anciennes
Apollonios de Rhodes, Argonautiques, IV, 504-506 :"Aussitôt on se mit à ramer avec vigueur jusqu'à ce qu'on fût arrivé à l'île Électris, la plus considérable de celles qui sont situées près du fleuve Éridanos."
Apollonios de Rhodes, Argonautiques, IV, 571-580 :"Les Argonautes avaient ensuite passé près de Mélite, de Cérossus et de Nymphée, demeure de la reine Calypso, et commençaient à apercevoir les monts Cérauniens lorsque Junon, instruite de la colère de Jupiter et voulant leur faire parcourir rapidement la route qu'il avait marquée, fit souffler un vent furieux qui, les repoussant en arrière, les porta de nouveau près de l'île Électris, la rocheuse."
Apollonios de Rhodes, Argonautiques, IV, 595-615 :"Le vaisseau, toujours emporté par le vent, se trouva bientôt au milieu du fleuve Éridanos, près de l'endroit où Phaéton, frappé de la foudre, fut précipité du char du Soleil au fond d'un marais d'où s'exhale encore une fumée épaisse et au-dessus duquel les oiseaux ne peuvent voler impunément. Tout autour les filles du Soleil, changées en peupliers, pleurent la mort de leur frère, et les larmes qu'elles répandent sont des gouttes d'ambre qui, séchées d'abord sur le sable par les rayons du soleil, sont ensuite reportées dans le cours du fleuve par les flots que les vents poussent vers le rivage. Les Celtes au contraire racontent que les larmes dont l'ambre est formé, sont celles que répandit Apollon, lorsque irrité de la mort de son fils Esculape, que la Nymphe Coronis mit au monde dans la ville de Lacérie, sur les bords de l'Amyrus, et forcé par les menaces de son père de quitter l'Olympe, il se relira dans le pays des Hyperboréens."
Étienne de Byzance, Ethniques, 299 :"Îles Électrides, dans lesquelles se trouvent deux statues, celles de Dédale et d’Icare. On dit que ces îles ont été formées aussi par les alluvions du fleuve Éridanos. Il y a également, près du fleuve, un lac dont l’eau est chaude ; il s’en exhale une odeur forte et désagréable. Aucun animal ne boit de son eau et aucun oiseau ne vole au-dessus : il tombe et meurt. Son pourtour est de deux cents stades et sa largeur [atteint dix stades]. On raconte aussi que Phaéton, frappé par la foudre, tomba en ce lieu. Il y aurait également là de nombreux peupliers, desquels tombe ce que l’on appelle l’électron [l’ambre], semblable à de la gomme, parce qu’il se durcit comme une pierre. Les habitants sont appelés Électrites, selon le modèle [des noms en -is] ; Électrines selon l’usage local."
Pline, Histoire naturelle, III, 152 :"Dans le voisinage (des Absyrtides) les Grecs ont placé des îles Electrides, supposées fournir du succin, en grec électron ; preuve manifeste du peu de foi que les Grecs méritent, puisqu'on n'a jamais pu savoir quelles îles ils prétendaient désigner par cette dénomination."
Pline, Histoire naturelle, IV, 103 :"En face (de l'Hibernie et la Bretagne), dispersées dans la mer Germanique, les Glaesiae, que les Grecs modernes ont appelées Electrides, parce qu'elles produisent le succin."
Pline, Histoire naturelle, XXXVII, 31 :"C'est ici l'occasion de dévoiler les mensonges des Grecs : que le lecteur ait quelque patience, et nous laisse exposer tout ce qu'ils ont rapporté de merveilleux ; cela aussi importe à notre instruction. Phaéton ayant été foudroyé, ses sœurs pleurèrent tant qu'elles furent changées en peupliers ; et tous les ans leurs larmes produisent l'électrum sur les bords de l'Eridanus, que nous nommons le Padus ; l'électrum, ainsi appelé parce que le soleil porte le nom d'Elector. Tel est le récit de plusieurs poètes, et les premiers qui l'aient fait sont, je pense, Eschyle, Philoxène, Nicandre, Euripide, Satyre. Le témoignage de l'Italie dément tout cela."
Pline, Histoire naturelle, XXXVII, 35 :"Cette opinion qui est partagée par Métrodore. Sotacus a cru qu'il découlait en Bretagne de pierres qu'il nomme électrides. Pythéas rapporte que les Guitons, nation germanique, habitent, dans un espace de 6.000 stades, les bords du Mentonomon (on nomme ainsi un bas-fond de l'Océan) ; qu'à une journée de navigation est l'île d'Abalus, où les vagues jettent le succin au printemps ; que cette substance est une sorte d'excrément de la mer congelée ; que les habitants s'en servent en guise de bois, et en vendent aux Teutons, leurs voisins."
Pomponius Mela, Description de la Terre, II, 100 :"La mer Adriatique renferme Apsoros, Dyscelados, Absyrtis, Issa, Pityia, Hydria, Electrides, Corcyre la Noire, Tragurium, Diomédie, Aestrie, Sason, et Pharos, aussi voisine de Brundusium que l'autre l'est d'Alexandrie."
Pseudo-Aristote, Histoires merveilleuses, 81 :"Dans les îles Électrides, qui se trouvent dans le golfe de l’Adriatique, on dit que deux statues ont été consacrées, l’une en étain et l’autre en cuivre, exécutées dans le style ancien. On dit qu’elles sont l’œuvre de Dédale, en souvenir des temps anciens, lorsque, fuyant Minos, il arriva dans cette région depuis la Sicile et la Crète. On raconte que le fleuve Éridanos a formé ces îles par ses alluvions. Il y a, semble-t-il, près du fleuve, un lac contenant de l’eau chaude. Il s’en dégage une odeur forte et désagréable ; aucun animal n’en boit jamais, et aucun oiseau ne le survole sans tomber et mourir. Il a un périmètre de deux cents stades et une largeur de dix. Les habitants du pays disent que Phaéton tomba dans ce lac lorsqu’il fut frappé par la foudre. Il s’y trouve de nombreux peupliers, d’où suinte ce que l’on appelle l’électron. On dit que cette substance ressemble à de la gomme et qu’elle durcit comme une pierre ; les habitants la recueillent et l’apportent aux Grecs. On dit encore que Dédale vint dans ces îles et que, y ayant abordé, il érigea dans l’une d’elles sa propre statue, et dans l’autre celle de son fils Icare. Plus tard, lorsque les Pélasges, chassés d’Argos, y firent voile, Dédale s’enfuit et gagna par mer l’île d’Icare."
Pseudo-Scylax, Périple, XXI :"Au large de ce pays (celui des Liburniens) se trouvent les îles dont je puis donner les noms ; il en existe beaucoup d’autres qui sont sans nom : l’île d’Istris, longue de 310 stades et large de 120, les Électrides, les Mentorides ; ce sont les grandes îles."
Pseudo-Scymnos, Circuit de la Terre, v.369-374 :"Vient ensuite la mer Adriatique. Théopompe, décrivant sa configuration, affirme qu’elle possède un isthme commun avec la mer Pontique. Elle renferme des îles très semblables aux Cyclades, appelées Apsyrtides, Électrides et Libyrnides."
Strabon, Géographie, V, 1, 9 :"De ces différentes traditions nous ne rapporterons ici que ce qui peut avoir quelque utilité historique ; nous écarterons, comme il convient, la partie purement mythique et ce qui n'est que fiction ; nous ne dirons rien, par exemple, de Phaéton ni des Héliades changées en aunes sur les bords du fleuve Eridanos, de ce fleuve soi-disant voisin du Palus et qu'on ne retrouve en aucune contrée de la terre ; rien non plus de ces prétendues îles Electrides situées en avant des bouches du Padus, et des Méléagrides leurs hôtes, car il n'existe rien de semblable aujourd'hui dans ces parages."
Sources: • M. P. Castiglioni, (2018) - "Les Argonautes au caput Adriae : l’Éridan et l’île Électris", in : A. Bouet & C. Petit-Aupert (dir.), Bibere, ridere, gaudere, studere, hoc est vivere. Hommages à Francis Tassaux, Ausonius éditions, Mémoires 53, Bordeaux, pp.289-296
• G. Garatti, (2021) - "L’Eridano, fiume dell’ambra tra mito e realtà", Hesperia, vol.39, n°3, pp.9-35
• A. Grilli, (1973) - "L'Eridano e le isole Elettridi", Padusa, Anno IX, n°2/4, pp.63-69
• A. Grilli, (1975) - "Eridano, Elettridi e via dell'ambra", in :Studi e ricerche sulla problematica dell'ambra, I, Atti della cooperazione interdisciplinare italo-polacca, Roma, pp.279-291
• A. Mastrocinque, (1991) - L’ambra e l’Eridano. Studi sulla letteratura e sul commercio dell’ambra in età preromana, Università di Trento, Dipartimento di Scienze Filologiche e Storiche, Pubblicazioni di Storia Antica 3, Libreria Editrice Zielo, Este, 163p.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique