Isara - Nom antique de l’Oise, affluent de rive droite de la Seine. Les plus anciennes attestations de cet hydronyme sont indirectes, à travers différents toponymes. La seconde face de la borne leugaire de Tongres figure le toponyme Isara, entre Augusta Suessionum (Soissons, Aisne) et Roudium (Roye, Somme). Cette localité est habituellement identifiée avec Pontoise-lès-Noyon dans le département de l’Oise (CIL XVII-02, 675 ; XIII, 9158). Aussi, la Table de Peutinger et l’Itinéraire d’Antonin (384, 11) mentionnent également l’actuelle Pontoise (Val-d’Oise) sous le nom de Briuisara, qui signifie tout simplement "pont sur l'Oise" (*briu(a)-isara). Les sources plus tardives la dénomment Esera (var. Esara) au VIᵉ s. (Vénance Fortunat, Poésie, VII, 4) ou encore Isara fluuium au VIᵉ-VIIᵉ s. (Vita sancti Medardi, 21). X. Delamarre (2003 ; 2012 ; 2019) propose de traduire la racine *isaro- par "rapide / impétueux".
Sources littéraires anciennes
Vénance Fortunat, Poésies, VII, 4 :"Nuages qui venez à moi chassés par le rapide Aquilon, nuages que le soleil suspendu sur son axe fait rouler dans l'espace, dites-moi comment se porte mon cher Gogon, de quelles agréables affaires il occupe son brillant esprit, s'il est arrêté sur les bords du Rhenus au cours capricieux, pour y pécher au filet le gras saumon, s'il se promène sur la Mosella aux riches vignobles, où la chaleur du milieu du jour est tempérée à la fois par la brise, par le fleuve et par les pampres, où l'ombre de la vigne est froide, et fraîche l'eau du fleuve ? Est-il retenu vers la Mosa aux doux murmures, que hantent la grue, l'oie sauvage, l'oie domestique et le cygne, et où fleurit le triple commerce du poisson, des oiseaux de basse-cour et des bateaux ? Ou est-il vers l'Axona qui ronge ses rives herbeuses et qui fertilise les prairies, les pâturages et les moissons ? Est-ce l'Esara qui le possède, la Sara, le Cares, le Scaldis, la Saba, la Somena ou la Sura ? Est-ce la rivière qui tire son nom du sel et qui coule vers Mettis ? Bat-il les bois où il a établi ses quartiers d'été, pour y frapper de l'épieu les bêtes fauves ou les prendre dans ses toiles ? L'Ardenna ou le Vosagus entendent-elles le sifflement des flèches meurtrières dont il perce le chevreuil, le cerf, l'élech et l'aurochs ?"
Sources: • X. Delamarre, (2003) - Dictionnaire de la langue gauloise, Errance, Paris, 440p.
• X. Delamarre, (2012) - Noms de lieux celtiques de l'Europe ancienne, Errance, Paris, 384p.
• X. Delamarre, (2019) - Dictionnaire des thèmes nominaux du gaulois (I. Ab- / Ixs(o)-), Les Cent Chemins, 398p.
• Julien Quiret pour l'Arbre Celtique